3 réflexions sur “EM3V 2023 : résultats de la ronde 5

  • Patrick Chazard

    Dans la partie qui m’a opposé à Kevin Noiroux, le résultat avantage apparemment les Noirs. Dans la réalité, il en a été tout autre.
    En voulant jouer un coup normal de tour dans une position clairement gagnante (+9 selon Stockfish), j’ai eu la maladresse de bousculer un pion. Ni une ni deux, les Noirs ont vociféré auprès de l’arbitre pour réclamer que la tour prenne ce pion pour ensuite être reprise, et passer directement à une évaluation à – 6 !
    L’arbitre, visiblement gêné aux entournures, n’a pu que valider cette désolante volte-face, apparemment permise par les règles, mais très discutable sur un plan moral.
    Mon sentiment est que les Noirs s’arrogent un point totalement immérité, que j’assimile à un vol pur et simple. L’esprit de ce tournoi, jouer pour s’amuser et dans le fair-play, a désormais pris un sérieux coup dans l’aile en ce qui me concerne.

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  • Pierre Fox

    À la suite de l’incident, rapporté par Patrick Chazard, survenu lors de sa partie contre Kevin Noiroux du 18 octobre, ronde 5, l’organisation du Tournoi des Trois Vallées 2023 souhaite apporter les précisions et commentaires suivants :

    • Le rapport demandé à l’arbitre Timothé Scaillet est parfaitement clair et précis : il y a eu mouvement et contact de Patrick sur le pion adverse – sur base de la réclamation de Kevin, et par application du règlement, Timothé a considéré que Patrick devait prendre le pion avec sa tour, ce qui transformait ipso facto une position écrasante en un désastre. Le point est acquis à Kevin.
    • Kevin n’était en rien obligé de porter réclamation à la suite de la maladresse involontaire de Patrick ; un esprit de fair-play tel que celui que nous promouvons à l’Échiquier Mosan lui eût commandé de laisser Patrick jouer un coup « normal » et de s’abstenir de réclamer l’application du règlement : nous lui adressons un blâme pour cela.
    • Patrick a élégamment choisi d’obtempérer ; il s’est contenté de souligner l’absence de fair-play de Kevin et d’en faire la publicité sur notre site. Nous le remercions pour cela et le déclarons « vainqueur moral » de cette partie (ce qui n’inversera pas le résultat obtenu, et donc sa défaite).
    • Aux échecs, comme dans toute compétition, il y a des bons perdants et des mauvais gagnants : nous eussions aimé que Kevin, à l’instar de Patrick, appartînt à la première catégorie.
    • L’incident est clos. Les commentaires subséquents ne sont pas bienvenus sur ce site et seront retirés : ceux qui souhaitent s’exprimer le feront par mail privé.

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  • Kevin Noiroux

    J’espère que, malgré l’interdiction de commenter le commentaire de Patrick Chazard, on laissera ce présent message, qui s’apparente à un droit de réponse suite à une accusation forte et publique à propos d’un événement que je n’analyse pas du tout de la même manière. Je mentionne également en passant que Pierre Fox et les organisateurs ne m’ont pas consulté avant de publier leur réponse.

    Patrick soutient que j’ai fait appliquer la règle de la pièce touchée, pièce jouée, suite à un bousculement de pion. Je comprends bien mieux son comportement, son commentaire et sa légitime frustration suite à cette interprétation, mais en ce qui me concerne, c’est tout simplement faux.

    Aucun arbitre (moi y compris dans les quelques tournois que j’ai arbitrés) ne fera appliquer la règle de la pièce touchée, pièce jouée, dans le cadre d’un bousculement de pièce/pion. A ma connaissance, c’est d’ailleurs interdit (dans le règlement belge ; je ne sais pas pour celui de la FIDE, mais je pars du principe que ça l’est), car cette règle s’applique uniquement pour faire jouer un coup que le joueur avait l’intention de jouer. Si je suis cette logique, j’aurais également réclamé le gain par abandon si Patrick avait fait tomber son roi, ce qui est absurde.

    Ce qu’il s’est passé, c’est que j’ai vu Patrick toucher le pion a4, puis dans le stress du Zeitnot, a un peu bousculé les pièces, les a remises, a voulu jouer un autre coup de tour, et là, j’ai demandé à l’arbitre de faire appliquer la règle. J’ai donc bien analysé la situation de la manière suivante : Patrick a voulu prendre le pion a4. L’arbitre étant d’accord avec moi, je pensais que tout le monde était d’accord sur cette interprétation.

    Certains pourraient penser que Patrick n’aurait jamais voulu prendre le pion a4, ce dernier étant évidemment protégé par le Fe8. Une telle analyse ferait fi des erreurs énormes que tout le monde peut commettre en Zeinot ou en situation de stress. Nombreuses sont les parties que j’ai perdues suite à des erreurs incroyables en stress (dont jouer une pièce sur une case en prise). Pour s’en convaincre, il suffit de regarder le dernier coup de la partie récente Abdusattorov-Erigaisi (https://chess24.com/en/watch/live-tournaments/qatar-masters-2023/9/1/3) qui commet une erreur monumentale en situation de stress qu’un amateur ne commettrait jamais en situation normale. Si des champions peuvent commettre des erreurs énormes, tout le monde le peut.

    Libres à vous d’évaluer mon comportement comme non fair-play, mais voici les règles que j’applique systématiquement dans toutes mes parties : je me bats jusqu’au bout sur l’échiquier (je tente des pièges, j’essaie de me faire pater, etc.), je ne cède aucune concession volontairement (un adversaire arrive en retard jouera avec moins de temps), et je trouve normal d’être traité de la même manière. Par contre, je n’adopte aucun autre comportement que j’ai déjà subi et trouve non plair-play (des joueurs qui vous parlent de manière désagréable pendant que vous réfléchissez, qui vous font croire en Zeitnot qu’on est arrivé à 40 coups sur leur feuille de notation puis vous disent « tombé », qui tapent très fort sur la pendule à plusieurs reprises pour que les piles se déconnectent, etc.). Une fois la partie terminée, le combat est fini. Pour prendre un exemple récent, je n’étais pas heureux de perdre contre Quentin Latour, mais il a très bien joué, j’ai très mal joué, et après la partie (dans laquelle je me suis battu jusqu’au bout), je suis allé au bar avec lui pour analyser. Vous l’aurez compris : si mon adversaire touche un pion ou une pièce qui lui fait perdre la partie, je ferai appliquer la règle de la pièce touchée, pièce jouée, qu’il s’agisse d’une fourchette, d’une prise en passant ou d’une tout autre erreur grossière.

    Patrick soutient qu’il n’a jamais voulu prendre le pion a4. Nous sommes alors dans un tout autre cas de figure dont il aurait fallu parler au moment de ma réclamation. La pendule était arrêtée, on sortait de la pièce, je défendais mon point de vue, et Patrick défendait le sien. C’est toujours dans un cadre posé, au moment des faits, qu’on doit exprimer son opinion.

    Qu’à cela ne tienne, je suis tout à fait d’accord avec l’analyse de Patrick sur la partie : j’ai joué une très mauvaise partie, il a brillamment manœuvré ses pièces pour me poser des problèmes concrets, et je n’ai pas trouvé les coups pour défendre ma position. Il était en effet complètement gagnant et seule ce que je pensais être une grosse erreur m’a permis de sauver la partie. Je reste également ouvert à discuter de ce cas avec lui et tout autre joueur en personne ou par mail pour respecter la volonté des organisateurs.

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